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"L’Homme qui marche"


Antoine Guilloppé  Géraldine Elschner

Interview de l’auteure et de l’illustrateur

Géraldine Elschner, l’auteure, et Antoine Guilloppé, l’illustrateur, nous parlent de leur démarche de création.

LES SOURCES D’INSPIRATION

Comment s’est imposé à vous le lien entre L’Homme qui marche et le sort des migrants ?

Géraldine Elschner. L’Homme s’est mis à marcher dans mon récit lors d’une exposition sur Giacometti vue en 2011. Entre deux sculptures, j’ai écrit les premiers mots dans mon carnet… Des bateaux accostaient déjà à Lampedusa, mais on était loin de l’actualité appelée « crise migratoire »
depuis 2015. Cet Homme (avec une majuscule), c’était une figure universelle – où allait-il ? d’où venait-il ? –, une figure qui ouvre un espace sans fin, un sentiment d’éternité : « Elles sont au fond du temps », disait Jean Genet en parlant des sculptures de Giacometti. Nous n’étions donc ni à un moment précis, ni à un endroit précis.
Les mouvements migratoires font partie de l’histoire de l’humanité. C’est un sujet éternel – et souvent personnel. Ma mère, dont la famille était belge, est née dans les Pyrénées suite à l’exode des populations civiles de 1914, et d’autres membres de ma famille allemande ont dû fuir la Prusse orientale devenue soviétique en 1945. Dans les années 70-80, le sort des boat-people venus du Vietnam nous préoccupait. Aujourd’hui, c’est la Syrie… Et les changements climatiques vont encore forcer bien des populations à quitter leur terre. C’est une marche sans fin.
L’Homme qui marche a ainsi une valeur universelle : l’être en perpétuel cheminement, en perpétuel recherche d’un ailleurs, en quête de l’essentiel. Une fuite (pourquoi ?), une peur (de quoi ?), une solitude (incommensurable ?). Les causes peuvent être multiples. Certains y ont vu une évocation des camps de concentration. Mais Giacometti était lui-même dans ce doute permanent, comme le sont ses sculptures partagées entre mouvement et immobilisme, entre force et fragilité, entre espoir et désespoir.
Aujourd’hui, l’actualité nous fait lire cette histoire autrement, c’est inévitable. Quand la photo du petit garçon syrien noyé, retrouvé sur une plage de Turquie, a bouleversé l’Europe en 2015, j’en ai eu des frissons. Si le livre était sorti à ce moment-là, on aurait cru que mon histoire exploitait l’actualité, d’une façon plus que malsaine. Or le texte était là depuis des années… et a encore mis du temps, heureusement, avant de prendre sa forme actuelle.

Illustrer un album inspiré de l’œuvre de Giacometti « n’est pas une mince affaire » selon vos propres mots. Quel est votre lien à ce sculpteur ? Comment avez-vous réfléchi à l’illustration pour faire écho à cette œuvre sans l’imiter ?

Antoine Guillopé. Il est difficile de s’autoriser à travailler autour de l’œuvre d’un grand artiste. En général, on voit ses œuvres au musée et on se trouve bien penaud devant. En admiration. Je n’ai pas la prétention de me mettre au même niveau que Giacometti. Ce serait ridicule. C’est le principe même de la collection « Ponts des arts » que de travailler autour d’une œuvre d’art reconnue, et c’est un véritable challenge. J’ai été choisi par les éditeurs pour mon travail en noir et blanc que j’explore depuis plus de quinze ans. C’est cohérent et je n’aurais pas été pressenti pour illustrer une fiction autour des peintures du Douanier Rousseau. Les statues de Giacometti évoquent l’ombre et la lumière et mon travail sur la silhouette en noir et blanc entre donc en correspondance. D’ailleurs, j’ai toujours été fasciné par ses personnages tout en finesse.

Quel est le lien entre le titre de l’album L’Homme qui marche, l’œuvre elle-même et le choix des personnages du père et du fils ?

Géraldine Elschner. D’un voyage en Toscane, j’ai ramené la réplique d’une statuette étrusque datant du IIIe siècle av. J.-C., L’Ombre du soir, découverte au musée de Volterra. Elle représente un jeune garçon, filiforme lui aussi, mais au visage très doux, paisible, droit comme un « i », comme en attente. L’Homme qui marche l’a pris par la main. Père et fils se sont ainsi retrouvés au-delà des siècles. L’être et son ombre… Et j’ai glissé en clin d’œil ce nom magnifique d’« ombre du soir » dans mon texte.

Votre tempête (planche 4) fait écho aux vagues de Katsushika Hokusai mais la rugosité du traitement de la surface de l’eau s’apparente à celle des bronzes de Giacometti. Au moment du dessin, étiez-vous conscient de la première inspiration ?

Antoine Guillopé. La vague d’Hokusai est un chef d’œuvre. Il est quasiment impossible de ne pas y penser quand on illustre une vague monumentale qui se dresse comme c’est le cas ici. J’étais évidemment conscient de cette parenté. En même temps, le texte évoque clairement cette vague, cela a guidé mon trait. J’ai choisi de travailler cette vague uniquement à l’encre noire avec un pinceau sec pour lui donner un aspect particulièrement rugueux et menaçant. L’eau est ici un milieu hostile où l’on peut y perdre la vie si on y tombe.

Doit-on voir dans la planche 3 baignée par la lune une référence à L’Ours et la Lune, autre album de la collection « Pont des arts » (consacré à François Pompon) auquel vous avez participé ?

Antoine Guillopé. Non, pas spécialement. En pleine nuit, au milieu de la mer, et si la lune est absente, il fait totalement noir. Pour une raison purement pratique, il était nécessaire de trouver une source de lumière afin de montrer le bateau. La lune est aussi un élément poétique pour moi. Et j’aimais bien l’idée du silence que cela crée : j’ai essayé de restituer une forme de répit avant la tempête. Je me dis que dans une situation catastrophique où se mêlent la peur, la tristesse et le désespoir, il doit être bon de se réfugier dans une forme de bulle poétique, même si elle ne dure que quelques secondes. Bien sûr, c’est une vision romantique du désespoir, car en réalité la peur doit être omniprésente. Mais le livre ne devait et ne pouvait pas être qu’un long cri de souffrance.

UNE DOUBLE DÉMARCHE DE CRÉATION

Qui est arrivé en premier dans votre récit : le personnage du chien ou Le Chien de Giacometti ?

Géraldine Elschner. Le Chien de Giacometti était là bien avant mon récit, sous la forme d’une carte postale posée depuis longtemps à ma fenêtre. C’est donc lui qui, forcément, m’a accompagnée dans cette histoire. Ce chien errant, décharné, mais tellement attachant : ça ne pouvait être que lui.
Mais le personnage du chien en soi, en tant que compagnon, remonte peut-être à mes souvenirs d’enfance puisque petite fille j’ai toujours eu un chien…

Vous dites que les œuvres de Giacometti sont à la fois « belles et tristes ». Comme le récit de Géraldine est triste et beau. Comment avez-vous appréhendé l’histoire de cet enfant et du chien qui l’accompagne ?

Antoine Guillopé. C’est la seconde fois que je travaille avec Géraldine Elschner. Son écriture me plaît. Elle sait immédiatement poser le décor, une ambiance, une sensation. Il fallait essayer de ne pas alourdir la situation. Cet enfant est perdu, loin de chez lui. La seule source de chaleur et de réconfort est la présence de ce chien. J’ai essayé de créer une légère complicité entre ces deux êtres perdus.

Deux mondes, l’un heureux et l’autre apparenté au désastre, coexistent-ils ?

Géraldine Elschner. Non, le fait que la vie soit plus belle de l’autre côté de la mer est clairement présenté comme une illusion. Où sera le bonheur ? Partout, nulle part. Pas à un endroit en particulier. Le moment des retrouvailles du père et du fils est un grand moment de bonheur pour tous les deux malgré les difficultés. Mais il est clair que certaines conditions de vie font fuir le bonheur : la guerre, la sécheresse, la faim, la misère…

Êtes-vous (plus) sensible dans votre travail au fait d’illustrer un récit lié à l’actualité ? Le processus de création en est-il affecté ?

Antoine Guillopé. Il est assez rare que mes albums soient en lien direct avec l’actualité. Je préfère me concentrer sur des sentiments qui s’inscrivent dans la durée. L’émotion liée à l’actualité peut être trompeuse. Le recul est nécessaire pour inscrire une histoire dans un temps universel. La thématique des migrants ne date pas d’hier. Elle s’inscrit dans le parcours de l’histoire de l’humanité.

Il n’y a aucune information sur les personnages et leurs compagnons d’infortune ; le récit comporte d’ailleurs très peu d’échanges verbaux et il est fait d’ellipses temporelles. Pourquoi avoir plongé cette aventure dans ces différents silences et implicites ?

Géraldine Elschner.
Vous avez raison, c’est un texte silencieux… Il est né ainsi de par sa thématique, par pudeur peut-être. La tension est palpable : moins on en dit, mieux c’est. Aux diverses étapes de corrections, des phrases ont encore été supprimées pour réduire les mots au maximum – comme l’est la sculpture, et l’illustration. À cela s’est ajouté le désir de garder ce caractère universel de l’être représenté. Ce n’est pas l’histoire d’un destin – mille histoires sont possibles pour cet Homme qui peut être chaque homme. Et cet enfant peut être chaque enfant. J’ai réfléchi à lui donner un prénom, mais cela lui aurait retiré son caractère universel. « Tout un homme, fait de tous les hommes et qui les vaut tous et que vaut n’importe qui », disait Sartre, très proche de Giacometti.

Pourquoi les personnages sont-ils toujours représentés en silhouette ?

Antoine Guillopé. L’utilisation de la silhouette permet au lecteur de se représenter les visages qu’il veut. Il peut de lui-même imaginer ces visages fatigués. Montrer des gens en souffrance avec les traits tirés ou des visages larmoyants aurait ajouté de la dureté aux images. Finalement, la silhouette offre le choix de l’identification aux protagonistes de l’histoire. On peut ainsi être l’un des personnages ou aucun.

Vous parvenez à écrire un récit réaliste optimiste selon le schéma narratif classique alors que dans la réalité l’issue est souvent plus pessimiste. Était-il impossible de coller à la réalité, trop inquiétante pour de jeunes lecteurs ?

Géraldine Elschner. La marche est sans fin, l’histoire aussi : le voyage continue. Et qui dit fin ouverte dit espoir… On ne sait pas ce que père et fils vont devenir mais on les sent forts, inséparables maintenant. Ils ont aussi opté pour la générosité : face à l’arrivée du chien, le père réagit d’abord comme tant d’autres qui (chez nous, face aux migrants précisément) pensent ne pas avoir assez eux-mêmes pour pouvoir partager (une crainte dénuée ainsi de tout jugement). Le père doit se ressaisir et dépasser cette peur pour accepter finalement le nouveau venu, pour l’aider. L’aspect humain l’emporte donc sur le côté économique. Une raison d’être optimiste…

Comment allie-t-on dans un récit la beauté naturelle et la laideur des situations humaines ?

Géraldine Elschner. C’est l’illustration d’Antoine qui rend cela possible. Une grande beauté des images, mais où l’on sent quand même toute l’hostilité de la nature. Un paysage peut être magnifique sans être viable pour autant. Il faut attendre l’apparition des oliviers pour exprimer la vie nouvelle – nourriture et symbole de paix tout à la fois.

DES CHOIX GRAPHIQUES SPÉCIFIQUES

La page de garde est un paysage décharné. Quel effet vouliez-vous créer sur le lecteur dès l’entrée dans l’album ?

Antoine Guillopé. Je voulais d’emblée annoncer la couleur en signifiant que nous n’étions pas dans un album humoristique. Le désert, c’est beau, mais c’est hostile. Ce paysage décharné évoque l’idée qu’un être humain ne peut pas vivre ici. Qu’il faut partir.

Un pays ou une ville ont-ils inspiré le décor de la planche 8 ? Est-ce lié à un voyage, une représentation ou au souhait qu’on y reconnaisse un lieu ?

Antoine Guillopé. Le parallèle avec les migrants de ces dernières années en Europe est effectivement fort. Je voulais évoquer le bassin méditerranéen mais je ne souhaitais pas qu’on reconnaisse un lieu en particulier.

Qu’est-ce qui a motivé un traitement réaliste de la nature sur certaines planches uniquement ?

Antoine Guillopé. J’ai toujours aimé mélanger les styles. Je me base souvent, pour mes dessins, sur un aspect réaliste des choses. Je me documente. C’est après que je vais me permettre d’ajouter des éléments plus fictionnels. Ce mélange des genres me plaît. Je crois que cela tient beaucoup à ma formation de dessinateur, car j’ai appris à dessiner de façon réaliste et académique à l’école. Ce qui me plaisait en soi mais me limitait pour illustrer des fictions. Je me suis donc adapté en recherchant et surtout en trouvant cet équilibre entre réalisme et fiction. Cela m’a pris du temps pour acquérir cette liberté de choix.

Pourquoi avez-vous placé une ruine dans le décor de la planche 6 ?

Antoine Guillopé. C’était une façon de placer l’histoire dans l’Histoire. Ces ruines sont-elles grecques ou romaines ? Peu importe, ce qui compte c’est la douceur entre les deux personnages sur cette image. Les ruines en fond peuvent aussi évoquer la guerre, la destruction. Je veux laisser aussi au lecteur la capacité d’interpréter mes images, de faire ses propres choix.

La planche 7 montre un chemin, comme une grosse faille qui prend tout l’espace et attire l’œil sur lui plutôt que sur les personnages. Qu’avez-vous voulu créer ?

Antoine Guillopé. Ce chemin symbolise la route à suivre pour les personnages. J’ai tenu à ce qu’on ne les distingue pas immédiatement. J’essaie toujours de jouer avec le lecteur. Que son œil soit attentif et cherche les personnages. J’ai fait en sorte que les traits de mon dessin soient légèrement étirés et fins, même dans les paysages, comme le sont les œuvres de Giacometti. C’est la tendance graphique de tout l’album.

Qui est donc le héron de la dernière planche ?

Antoine Guillopé. J’ai choisi cet oiseau pour sa grâce naturelle. Il symbolise le fait que quoiqu’il arrive il faut se tenir debout, affronter les épreuves. De plus, il est observateur des êtres humains et ce n’est pas un animal à sang froid comme les reptiles du début. Il est plus chaleureux. J’aimais l’idée de choisir un oiseau très fin visuellement et qui peut rappeler les sculptures.

Quelles techniques avez-vous utilisées pour cet album ? Et pouvez-vous nous parler de votre travail sur la couleur ? du choix du noir et blanc puis de la bichromie qui gagne les pages au fur et à mesure ?

Antoine Guillopé. J’ai utilisé un mélange de feutres fins, d’encre de Chine au pinceau et pour finir une pointe de travail à l’ordinateur.
Le noir et le blanc, cela fait quatorze ans que j’y travaille. J’aime ça !
Si la couleur gagne du terrain au cours de l’histoire c’est aussi pour passer à des décors plus chaleureux. La végétation est de nouveau présente. Les oiseaux sont revenus. L’espoir peut renaître.

LA RÉCEPTION

L’Homme qui marche est un album dramatique, n’avez-vous pas peur d’effrayer les jeunes lecteurs ?

Géraldine Elschner. Certaines situations sont dramatiques, il faut les regarder en face. L’album se termine sur ce jour nouveau qui se lève, sur un nouveau départ. Il est donc porteur d’espoir.
Le récit Les Bourgeois de Calais était tout aussi dramatique, de même Le Casque d’Opapi sur la Première Guerre mondiale. Grands ou petits, nous tremblons avec les personnages, partageons leur souffrance, et sommes soulagés avec eux quand la vie finit par l’emporter.

Le multicolore est souvent associé à la jeunesse, mais vous faites fi de ce code. Pensez-vous avoir pris un risque vis-à-vis de vos lecteurs, petits et grands ?

Antoine Guillopé. Je ne pense pas avoir pris un risque étant donné que j’ai décidé de proposer ce choix graphique au travers de plusieurs albums depuis près de quatorze ans et que, pour l’instant, je crois avoir réussi à convaincre les lecteurs enfants ou adultes qu’il n’était pas utile de mettre de la couleur partout pour exprimer des sentiments forts. Je crois que l’idée qu’il faille absolument un univers très coloré pour illustrer des histoires à destination de la jeunesse est une fausse idée. Je peux en parler, car je l’ai eue moi-même au début de ma carrière. Je croyais même que c’était obligé !

Avez-vous été surprise par les illustrations d’Antoine Guilloppé ?

Géraldine Elschner. J’ai été très émue par ses illustrations, et je ressens cette émotion à chaque lecture. Elles sont si belles, si sobres et pourtant si expressives. Antoine parvient tellement bien à nous mener vers l’essentiel !

La chute nous laisse entendre que l’on s’en sort mieux si l’on est au moins deux. Est-ce bien là votre message ?

Géraldine Elschner. Aller main dans la main est bien sûr l’idéal, mais franchir le pas du partage déjà mentionné me semble essentiel. Ils arrivent à deux et ils repartent à trois. Ce n’est pas le chacun pour soi, c’est le vivre ensemble qui commence.

Comment envisagez-vous que les enseignants et les jeunes lecteurs vont comprendre ce choix de récit plutôt triste ?

Géraldine Elschner.
L’œuvre de Giacometti est empreinte d’une certaine tristesse (Genet parle de « chagrin »), l’histoire ne pouvait donc qu’être grave. Ce n’est bien sûr pas une « histoire du soir », ni une histoire pour les tout-petits. Il est bon d’accompagner la lecture, d’en discuter avec les jeunes
lecteurs. Mais ceux-ci comprendront que beaucoup d’enfants vivent des moments d’une difficulté extrême. Et ils comprendront peut-être mieux ce qu’ont vécu certains nouveaux venus dans leur classe.

Que souhaiteriez-vous que les lecteurs retiennent de cet album ?

Antoine Guillopé.
Outre l’aspect pédagogique lié à la découverte d’une œuvre d’un grand artiste, je voudrais que le lecteur retienne que les femmes et les hommes qui migrent en masse de par le monde le font souvent de manière forcée et souvent contraints par des guerres qui engendrent la misère, la
pauvreté. Les gens sauvent leur vie en quittant leur pays. Cet aspect-là, très important, n’est pas toujours mis en avant. C’est une simple question de vie ou de mort pour ces familles. Je voudrais aussi que soit retenue l’idée que même dans les situations désespérées, il faut garder espoir et rester soudés. Mon travail est d’essayer de faire passer ces idées et ces sensations par l’image, en m’appuyant, bien sûr, sur le texte de l’auteur. Dans ce cas, je suis au service de l’histoire de Géraldine Elschner.